Une année exceptionnelle

Seule nous intéresse la courbe de cette année 2019 qui a connu l’application stricte de notre autogestion. La courbe et quelques pourcentages afin de continuer à penser notre économie en terme de proportions.

Les seuls premiers mois négatifs correspondent à l’absorption des dépenses liées à la conception de notre second livre, L’intimité n’a plus de lieu possible.

La dette générale connaît une progression relativement équivalente aux années précédentes d’environ 11,21 %.

Les recettes sont en baisse de 19 %, mais les dépenses, elles, le sont de 27 %. Nous sommes sur un bénéfice global de 4,21 %. Notre première année positive depuis que nous avons fait le choix de l’autogestion.

L’économie de moyens qui s’y traduit est une forme de décroissance régulée que nous allons naturellement reconduire dès le début de l’année 2020.

Tout cela ne nous a pas empêchés de mettre sur le chemin de nos rencontres la conception d’un troisième livre, Les déracinés sociaux n’ont que faire de briller, dont vous pouvez déjà partager la bande-annonce visuelle ou musicale.

Nous fêterons en janvier notre sixième année d’existence.

Réjouissons-nous de voir voyager dans les sphères virtuelles et les réseaux de la réalité :
— Deux livres achevés et un livre en cours de conception ;
— Trois romans-sites dont un achevé ;
— Deux nouvelles au format ebook distribuées gratuitement ;
— Un blog où se publient les inédits de l’écriture.

Nous sommes même en mesure de vous offrir un livre avec ce lien que vous pouvez utiliser pour vos proches.

Nous vous tiendrons informés au jour le jour de l’arrivée de notre petit dernier.

Bonnes lectures à toutes et tous et excellente fin d’année.


Si vous souhaitez participer à cette aventure, vous pouvez faire un don.

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En attendant les déracinés

Maintenant que le texte est parti vers son premier lecteur et que j’attends son retour, maintenant que j’ai déjà conçu aussi bien la bande annonce musicale que la vidéo, maintenant que j’ai revu ces fenêtres où peut-être tout a (re)commencé, alors que je me disais : « Je n’avais jamais vu les pies », maintenant que tout est gratuit jusqu’à nouvel ordre, je pense au blog, à l’écriture en cours, à ce qui a peut-être accompagné Les déracinés sociaux n’ont que faire de briller, lorsque des mots partent ailleurs, et qu’après plusieurs mois parfois, je les recopie, me retrouvant.

En attendant le nouveau livre, donc, je vous invite à lire, chaque lundi, ce qui est devenu Fragment de jours.

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Offrir pourquoi

Peut-être parce que je suis en ce moment en train de fabriquer un troisième livre se pose à moi la question d’autres formes de diffusion.

Je ne dois qu’à moi-même d’investir pour que certains de mes textes existent au format livre. J’aime les voir ainsi. J’aime les savoir ailleurs. Ce n’est pas une démarche qui tenterait de suppléer un manque ou de subvertir des métiers (éditeurs, libraires) sans lesquels je serais très certainement au bord du gouffre, sans ces livres, sans ces actions, sans ces disponibilités. C’est autre chose, tel que je diffuse ma musique. Une option en plus dans ma vie, un autre paysage. Tout simplement.

Si vous le souhaitez et si vous le pouvez, bien sûr, l’option d’achat reste possible dans la boutique. Vous pouvez même faire un don si vous désirez participer à cette aventure littéraire. Je tenais tout de même à mettre en place une autre voix de diffusion, que vous pouvez réitérer à loisir ou utilisez pour des amis ou connaissances de votre choix.

C’est très simple.

Il suffit de remplir le formulaire que vous trouverez sur cette page ou de vous rendre directement sur ce lien.

Je vous remercie de votre attention et de votre intérêt.

Bonne lecture à toutes et tous.

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Les déracinés n’ont que faire de briller, étape 1.0

Ce nouveau roman, parti pas plus tard qu’aujourd’hui dans le circuit de l’édition, est chromatique.

Pour nous aider à patienter avant d’avoir enfin le livre dans nos bibliothèques, je nous ai concocté un teaser que vous pouvez écouter ci-dessous et télécharger si vous l’aimez.

J’en ai fait un autre, aussi, en vidéo, pour faire le tour du WEB.
Les deux sont à partager sans modération.

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Le format et la proportion

Je suis revenue de congés et je remercie Martine pour tout le travail qu’elle a abattu tout l’été. Jamais je n’ai trouvé nos bureaux si accueillants, et j’espère que cela préfigure une saison que je nous souhaite à toutes et à tous pleine de folles aventures littéraires.

Je me suis tout de suite attelée à différents projets anciens qui sont étrangement remontés au-dessus des piles de dossiers, et je dois dire que je suis assez satisfaite de tout ce que j’ai pu lire, me confirmant qu’il y a bien là un objectif à tenir et à renforcer.

J’ai quelques remarques dont j’aimerais vous faire part, et qui viendront, je n’en doute pas, alimenter nos réflexions.

La première est la question du format.

Nous ne devons pas nous focaliser sur des éléments qui ne fonctionneront jamais à cause de ce mélange des genres totalement hostile au maintien de la qualité qui fait depuis notre création partie intégrante de notre ligne éditoriale. Aussi, je vous propose d’arrêter les publications éphémères qui n’ont aucune autre conséquence sur notre activité que de nous obliger à produire, ce qui, nous l’avons constaté à de nombreuses reprises, ne fait que nous laisser dans la consternation.

J’ai longtemps discuté cet été avec un ami cher à travers qui j’aperçois un certain goût pour le fait réel. Nous avons évoqué quelques titres qui l’amèneraient, lui, à plonger dans notre série romanesque. Nous en reparlerons, mais notre comité a clairement un rôle à jouer dans ce domaine, car il s’agira bel et bien de lier, comme nous l’avons toujours désiré, politique et fiction. Ce qui m’amène à ma seconde remarque : la question de la proportion.

De ce point de vue, je n’en suis qu’à établir une sorte de liste, un peu comme des sujets que nous pourrions inscrire à l’ordre du jour de nos prochaines réunions :
— Ce qui s’impose et ce qui libère.
— Lecture des autres et lecture de soi.
— Toujours, bien sûr, le public et le privé.
— La notion d’un temps consacré en lien avec nos luttes de terrain, quotidiennes.
— Définition d’un ordre, au fur et à mesure, nous laissant libres d’être, comme nous l’avons théorisé, indéterminés.

Aussi, j’aimerais réaffirmer que nous ne devons pas céder au caractère mystérieux de notre démarche. Je l’ai clairement senti tout au long de mes grandes balades sur les rives les plus sensibles. Oui, bien sûr, nous avons besoin de fait réel, de politique et de fiction, mais nous avons aussi besoin de mystère.

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Le cercle vertueux de l’autogestion

C’est le retour des ventes en ligne.

Une occasion pour moi de vous expliquer la démarche commerciale de la Maison d’édition virtuelle.

Je ne fais qu’investir pour fabriquer des livres avec des relecteurs professionnels et des graphistes professionnels. Une fois le livre physiquement présent, forme qui constituera bientôt une série dont vous ne pourrez plus vous passer, il est mis en vente exclusivement sur ce site et l’argent récolté ne sert qu’à financer le suivant.

Toutes les recettes supplémentaires constituent un trésor de guerre avec lequel je ne fais qu’acheter des livres d’éditions indépendantes.

Ainsi, beaucoup sont heureux.

Alors, bien sûr, me direz-vous, et Paypal qui se sert au passage ? Oui… parce que c’est aujourd’hui la solution la moins honéreuse pour moi et l’activité ne justifie pas l’installation d’une plateforme de paiement. J’en rêve, et le Père Noël peut-être, un jour, m’offrira cet outil, mais pour le moment, c’est ici que cela se passe.

Et Amazon ? Et bien, Amazon est le seul site à fournir le format nécessaire pour celles et ceux qui veulent lire sur une Kindle.

Et bientôt ?
Ça, c’est une bonne question. Bientôt, des diffusions d’histoires de l’écriture sur mon blog. Bientôt un nouveau roman. Pour le moment, il est au stade relectures permanentes. On peut donc s’attendre à une belle année encore avant de le voir sur le rayon de nos bibliothèques.

En attendant, petit rappel de tout ce que vous trouverez par ici :

Dans l’actualité des livres :
L’intimité n’a plus de lieu possible
Vue sur le cimetière suivi de Vortex Temporum

Et toujours sur le site :
Les Nouvelles Rochoises, pour le moment en libre circulation avant leur parution physique (on me dit dans l’oreillette qu’il en faut une troisième avant de faire un livre).
Toute ma production liée à mon activité d’auteur sur le site lapin.org lorsque nous gérions l’un des meilleurs Webzines du XXème siècle.

Bonne(s) lecture(s) !

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Meurtre à la Roche-Bernard au format Kindle sur Amazon

Meurtre à La Roche-Bernard est désormais disponible sur Amazon pour toutes celles et tous ceux qui souhaitent lire la nouvelle sur leur liseuse Kindle. Tous les renseignements sont sur l’image ci-dessous ou, si l’image ne s’affiche pas, en suivant ce lien.

Bonne lecture !


Inscrivez-vous sur la liste de diffusion.


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Quinze jours pour commander avant la trêve estivale

Voici que vivent, à leur manière, deux livres d’ouverture, Vue sur le cimetière suivi de Vortex Temporum, et L’intimité n’a plus de lieu possible, mon premier roman poétique.

À leur manière, car ils sont là, prévus pour durer, et qu’ils font leur chemin, dans certaines vies, à la rencontre de tant d’autres écritures.

Je pars quelques semaines sur mes lieux d’écriture pour élaborer, — et finaliser pour certains —, les prochains opus de la collection.

Il y aura des textes réservés pour la magie du WEB et d’autres prévus pour être feuilletés, cornés, annotés, transportés, rangés.

Jusqu’au 7 juillet 2019, si vous commandez ici, vous l’aurez dans la foulée. Après, il faudra attendre la rentrée.

Merci pour votre fidélité.

Bonne lecture

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[DIRECT LIVE] – 024

Au fond, ce n’est pas si grave si on aperçoit à ce stade comme tout prend forme, puisque j’en ai besoin. La question de l’hôpital psychiatrique pourrait revenir. Il en était question au début. Ce serait bien d’y revenir. Pour ce faire, nous n’avons plus à inventer. Tout est sous les yeux. L’étrange difficulté qu’ont ces enfants, parfois, d’écouter. Ils savent faire. Ils peuvent faire. Et voici qu’on en parle à demi-mot. « C’était bizarre ». « Il arrive. On est toutes avec lui et on fait un câlin tous ensemble ». Quelques mots seulement. Je ne suis pas là pour faire parler. Tout se dit avec simplicité. Ce sera sans doute quelques épisodes, comme celui-ci. Je ne fais plus qu’accumuler de la matière et les dés jetés œuvrent. On n’a jamais trop de matière. La vie s’oriente doucement. Mon point de vue change. Ou plutôt, je sens que mon point de vue change. Je sens que le monde m’apparaît autrement. Sans surprise, j’avais sans doute tout mis à l’envers, comme lorsque je sors d’une station de métro, avec ou sans plan, pour la première fois. Je me trompe. J’hésite, je pars peut-être dans le bon sens, puis je reviens, puis je repars, puis je traverse, puis je regarde encore le plan, et depuis l’ère des smartphones, l’appareil tendu face à l’horizon pour essayer de comprendre où est le Nord, puis je me décide, et ce n’est jamais la bonne direction. Je reviens dans l’autre sens. Et pour les choix de la vie, c’est pareil. D’abord l’errance, puis la conviction que c’est cette voie qu’il faut suivre, puis des essais, puis des échecs, et j’arrive à la conclusion que je me suis trompé. D’un coup, je me suis investi dans un domaine alors que c’était peut-être le piège à éviter. Il n’y a pas de mode d’emploi. Cela prend parfois plusieurs années. Oups. Désolé. C’est une erreur au démarrage. Je vais tout réparer. Puis tous les débuts reviennent. Tous les choix. Tout est maladroitement réalisé, à cause de cela. Et je le vois partout. J’ai fermé les portes. Puisqu’il est impossible de saisir l’intégralité de ce qui se passe, ni même d’en saisir l’immédiateté, alors qu’entre chaque phrase, d’un document à l’autre, tentant d’y voir clair, les pensées s’envolent. Avec elles, tant de situations, tant de noms. Je ne veux pas en parler. C’est une partie du passé. Ce qui fait face, c’est autre chose, c’est mon besoin de ne plus avoir à expliquer à qui que ce soit ce qui arrive, parce que je ne veux pas le savoir, je veux laisser ouvert toutes les possibilités, sans craindre d’être déjà dans le paradoxe de tout ce qui tombe, même entre ces lignes, alors qu’elles n’ont pas d’autre objectif que de compléter, au risque qu’elles ne servent jamais à rien, car c’est bien une des données qui ont changé. Cela aussi, j’ai mis plusieurs années à le comprendre et à l’admettre. Le comprendre, c’était facile. L’admettre, plus long, plus fastidieux. Avec une question à laquelle il sera peut-être inutile de répondre : « Qui d’entre nous était le soignant ? ».

À suivre…

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[DIRECT LIVE] – 023

L’empoisonnement agit encore virulemment. Ce sont des histoires qui se racontent dans le silence de nuits lourdes. Le détail qui avait failli me porter au-delà de ce que j’attendais s’est évaporé dans l’atmosphère. L’écoute était tout autre. Je n’arrivais plus à m’entretenir. Voix éraillée. L’oscillation n’est plus qu’un battement de cœur, une source, avec mes propres mots. Là où tout s’effleure, je travaille en profondeur. Il n’en restera que quelques bribes. Je le sens aux verbes qui m’obligent à me situer. Ce présent dont on ne touche que l’instant même de la grâce, il ne se partagerait pas, autant que toutes les autres fictions, dès lors qu’une théorie s’immisce, ralentie l’influence qu’on aurait de ces vies entières relatées en quelques phrases, lorsque je mens, ou lorsque j’attends, pour protéger ce que je n’ai à ce jour jamais lu, ni de moi ni d’un autre, voyant à quel point même attentif à tout ce qui se déroule, je dois encore apprendre à quoi se lie la durée, à quelle nécessité, tous ces chemins que je dois emprunter, pour ne rien laisser de côté, ne rien feindre, car malgré toutes les analyses énoncées, toutes les manœuvres dénoncées, je n’ai de vrai à dire que ce qui m’aspire, cette énergie continue d’une seule vie, comme une enveloppe laissée sur une cheminée sur laquelle est inscrite la mention « ne pas ouvrir avant ma mort », qui ne se découvre qu’une fois terminée, parfois le temps d’un livre, le temps d’un seul soupir, je les vois, alité, j’en forme lentement l’unité, sans rêve, sans peine, l’enfermement, le soin, et bientôt l’aventure. Pour le moment, je fabrique des formes de dépendance, je me lie à des violences fictives, non que je n’en aie aucune de réelles, mais que les inventées, ou les distribuées, à la volée, comme tout le monde, pour être avec le monde, pour ne surtout pas avoir à revendiquer l’individualisation de ce besoin, à chaque détour, de détruire l’image qu’on aurait de moi. Je déplace. Le sujet se déplace. Il change de corps. En faire de l’imaginaire est une nécessité. Cela soigne partout. Non partout au sens de tout le monde. Partout au sens de immédiatement. Il manque peut-être cette auto-reconnaissance d’une valeur paradoxale qui ne s’accorde à aucune autre valeur paradoxale entourant le quotidien de chaque émotion. Le pire serait de croire qu’il n’y a qu’une seule loi, égalité de l’être en ce domaine précis où ne se trouve, au contraire, que la puissance d’un seul, dans le rare, — et l’unique, sans doute —, espace où elle s’exprime sans retenue, où il n’y aura jamais d’heure pour le dire, jamais de manière convenue, jamais de tournure adéquate. C’est pour cette raison que le décor n’a plus lieu d’être, à part l’imagerie provoquée par l’Esprit à l’instant même où le regard intérieur virevolte, s’ancre ou se disperse, où s’échappe l’intégralité des codes dans la mémoire de ce qui a été au premier jour, propulsé, source de vie, au centre d’un tout opérant qui réclame qu’on le possède, qu’on l’altère, pour mieux orienter cette part du vivant qui ne saurait être démuni de sa fonction. J’ai bien vu à quel moment il n’était plus envisageable de penser autrement, lorsque l’émotion envahissait toutes les productions de l’être, les larmes aux yeux, tendant la main, pour s’entendre dire qu’il y avait dans tout cela une voie raisonnable, une voie juste, une opinion fondée. À partir de là, ce n’était plus le même savoir qui se mettait en action, ce n’étaient plus les mêmes influences. C’était l’autoformation d’un désir originel, et déjà, je savais, je savais comment il faudrait faire, je savais le temps que cela prendrait, je savais que tout ce qui entoure ne serait plus qu’un rempart à abattre, que rien ne pourrait y résister. Désormais, l’état d’urgence est terminé. Téléphone portable en mode avion lorsque je sors de chez moi, qui me servira de montre (puisque je n’en ai plus) et d’appareil photo (puisque je n’en ai plus). De cabine téléphonique aussi (puisqu’il n’y en a plus). Et je rentrerai le soir chez moi, découvrant à l’ancienne les messages du jour comme on les découvrait jadis sur nos répondeurs (lorsque nous en avions). Et je rappellerai s’il n’est pas trop tard, ou j’attendrai le lendemain. Et si je suis chez moi, on pourra me joindre. Sinon, il faudra calculer, ou se souvenir qu’à certaines heures, je ne suis pas joignable. L’expérimentation sera radicale durant une semaine entière. Je préfère le « il n’est jamais chez lui » (ben oui, je travaille presque tout le temps) au « il réagit dans la minute » (supposé disponible 24h/24). Je n’en voudrais pas à celles et ceux qui tenteront de toujours tester ma réactivité. Ce n’est plus possible, en notre temps, d’être constamment en travail de notre propre soumission à la doxa commerciale. Et tant pis, donc, si on ne comprend pas. De toute façon, d’une manière générale, on ne comprend pas. Il faudrait vivre ensemble au quotidien pour comprendre. C’est valable pour l’ensemble de l’humanité. Le jugement tombe. La disponibilité s’oriente différemment. Le journal à l’heure du journal. Fin des expressions télévisuelles permanentes. Voici le livre à nouveau, seule actualité de la Pensée, dans toute sa dimension, qui arrivera lorsqu’il sera prêt, viendra s’intercaler, dont on évaluera (il faut parfois des siècles) le contenu, réellement, ne pointant plus du doigt l’obligation de correspondre aux valeurs économiques. Je ne les nomme jamais pour que vous les trouviez vous-mêmes, en vous-mêmes, les anciens, les traduits, les adaptés, les mis en scène, qui continuent de s’adresser à nous directement. Ils tombent entre nos mains toujours à la meilleure période. Ils nous arrachent du quotidien des autres pour nous sceller en nous-mêmes. Tous les trajets effectués n’ont alors presque plus de moyen de venir polluer ce qui se profile réellement : l’émergence d’une forme nouvelle qu’on ne pouvait prédire avant de la dire, dans cette articulation qui a déjà tant d’effets que je place ce qui s’en était conclu dans une sorte de nuage informe signifiant qu’il ne fallait pas tenter vouloir tout à coup décider ou tout à coup se réjouir qu’une option s’entrouvrait. C’était le piège. Voilà ce que je vais faire en rentrant, mais en rentrant, tout est différent. La dernière phrase n’est pas celle que je m’attendais à trouver. Quelque chose a travaillé pour moi. Oh, rien d’automatique, je vous rassure, ni programme de la NASA, ni quelconque robot estampillé « AI ». Il s’était versé dans les mots de quoi m’occuper quelques heures. L’esprit avançait, tournait même. Sur le retour, ça continuait. Dans l’escalier, ça continuait. Et assis à ma table, face à la réalité, je ne vois plus qu’une étude de ce lieu où je me suis établi, je vois l’infrastructure du réel, ses fondations fortes, ce qui permet que défile la parfaite autonomie du langage, et je n’ai plus aucun doute sur la nécessité d’aller jusqu’au bout, voire d’envisager d’aller encore plus loin en cours de route. Plus loin, dans l’avenir. Plus loin, dans l’isolement singulier. La joie d’une telle perspective devient envahissante. Tout devient drôle. Les pantins se disloquent. Le plus amusant, c’est le récit qui n’était gravé nulle part, ou plutôt qui n’avait jamais été immortalisé, extériorisé. Je comptais l’autre jour le nombre d’années qu’il m’avait occupé, surtout la nuit. Je m’en servais pour m’endormir. « Où en étais-je ? », commençais-je, et l’histoire continuait. D’abord l’étrange concomitance de deux êtres passant leur vie à s’attendre et à se chercher. Deux entités se respectant mutuellement, l’un étant sans doute le spectre de l’autre. Le fait qu’ils soient deux avait été admis sans même poser une seule question. On les protégeait. Ils s’aimaient.

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