La première critique de Vue sur le cimetière

Hommage rendu aux premières amitiés littéraires qui se sont liées sur le WEB tel que je le décrivais lors de mon message d’ouverture. Voici la très belle critique que Tèf avait écrite après sa lecture de Vue sur le cimetière.

Oui, nous sommes toujours en contact, et chacun suit son chemin. Tèf était un grand spécialiste du livre à concevoir soi-même qu’il avait appelé les Petits papiers. Vous en trouverez encore par ici. Il a aussi publié un « roman qui a la patate », L’Odyssée d’Homère, dont je garde un excellent souvenir.

Qu’il soit aujourd’hui remercié de sa sensible lecture. La voici, intégralement reproduite.


[J’ai rédigé cette note le lendemain de ma lecture, après une nuit où cette histoire s’est infiltrée dans mes rêves. Voilà ce qui arrive quand on avale un bouquin jusqu’à pas d’heure, ça laisse des traces. Bref, tout ça pour dire que cette note est une projection franchement subjective ; j’ai essayé d’écrire autre chose, je n’y suis pas arrivé. Désolé.]

Ça commence comme cela :

S’il n’y avait pas eu de si grandes similitudes entre les deux seuls attributs ornant le mur gris de cette pauvre pièce, à savoir une fenêtre et un tableau, je ne serais peut-être jamais sorti de ma profonde léthargie. Je bénis la forme de ces objets, leur rectitude et leur fadeur qui, tellement proches, m’ont permis de les confondre et, comme une étincelle, ont remis mon esprit en route, mon esprit qui, enfin, allait réoccuper son temps à penser. Ou peut-être n’est-ce que ce célèbre instinct de survie qui a fait surgir une idée du fin fond de ma conscience afin que celle-ci ne s’endorme pas à tout jamais. Car c'est bien de cela dont il était question : réveiller mon âme que je sentais s’éteindre.

Réveiller une âme qu’il sentait s’éteindre, sujet éternel et éthéré… mais qui est-il cet homme qu’on voit là, quelle est donc cette « léthargie » qui endort la conscience à ce point ?

Vue sur le cimetière lève le voile sur des sujets comme celui-ci mais sans jamais les dévoyer. D’autres y auraient plaquer une fantasmagorie mythologique, ce texte les affleure, les effleure pour mieux les faire sentir, les suggérer et nous interroger. La narration épouse ce point de vue : des parties apparemment disjointes mais qui s’entrelacent au fil de la lecture, charriant avec elles une foule de questions en suspens. C’est cela, l’écriture est en suspens, et cela lui va bien. Suspendue au-dessus des vies, au-dessus des choses de la vie, au bord d’univers quasi-fantastique, prosaïque, merveilleux, d’anticipation sans jamais s’enfermer dans l’un d’eux. Les repères s’effacent pour mieux révéler ce qui transcende chaque partie.

C’est un pari fou, comme une inversion toute particulière du fleuve d’Héraclite (où l’on se baigne toujours au même endroit mais jamais dans la même eau). Là, on peut s’inventer des vies, se baigner à différents endroits mais toujours dans la même eau, dans cette constance qui nous anime. Comme les choses, les hommes passent et trépassent et on s’interroge sur ce qui reste, l’eau d’un fleuve ou celle d’une fontaine.

Mais surtout le texte s’ouvre à une pluralité de lecture : on pourrait dissocier chaque partie, on pourrait tout aussi bien les relier, recréer un fil narratif continue, y voir un kaléidoscope. Que sais-je encore ? Chacun y trouve ce qu’il y cherche. Tiens d’ailleurs, l’auteur présente le texte ainsi :

Un homme s'éveille. Devant lui, l'inertie. Il cherche les indices d'un monde qu'il a oublié, pour sortir de son silence. L'espace qui l'entoure s'anime peu à peu et les nouvelles qui parcourent le récit enrichissent cette mémoire perdue. À moins que ce ne soit ses désirs qui s'expriment, comme un espoir abandonné.

Ma lecture en est loin…

À lire pour le croire. À lire pour se réveiller le lendemain et sentir la réalité vaciller, ne serait-ce qu’un instant, le temps d’ouvrir une paupière.


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[AF] – L’enfance victorieuse

On ne pouvait deviner ces drôles de réunions que nous entendions s’organiser dans l’appartement d’à côté qu’aux horaires un peu stricts auxquels des grappes de personnes légères entraient ou sortaient et se retrouvaient attroupées dans la cage d’escalier ou bloquant l’ascenseur. On ne se serait peut-être jamais inquiété de quoi que ce soit si un voisin n’avait pas été, un jour, été obligé par on ne sait quels travaux sur le réseau câblé, de passer toute une soirée à regarder l’écran noir de sa télévision en tripotant son téléphone portable sur twitter pour tout de même suivre en direct la finale d’on ne sait pas quoi non plus et qui, d’abord, s’était pour la première fois aperçu, alors qu’il vivait là depuis de nombreuses années, que les murs de son appartement étaient de vrais papiers à cigarette à travers lesquels on pouvait deviner, si on s’y intéressait un tant soit peu, chaque mouvement, le moment où une mère criait À table au reste de la famille, les claquements d’une porte, les musiques préférées d’un adolescent en phase d’émancipation, et donc, ce soir-là, les vives discussions d’un groupe d’amis.

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Ouverture de la boutique

Du champagne à droite, du champagne à gauche.

C’est incroyable !
On peut aller vers la boutique en cliquant sur ce lien, et commander Vue sur le cimetière suivi de Vortex Temporum d’Oliver Rych (il faut tout bien renseigner pour les moteurs de recherche – je participe à un concours intermondialique de référencement, et « Temporum d’Oliver » doit gagner).

Alors, tout de suite, les bonnes nouvelles :
(MUSIQUE DE TROMPETTES ET DE CYMBALES JOYEUSES)
Un clown sort de derrière le rayon du fond, et tend une grande pancarte promotionnelle.
Jusqu’à Noël, et jusqu’à la nouvelle année même, pour fêter ensemble notre incroyable aventure, les FRAIS DE PORT SONT OFFERTS. (On entend les cornes de brume sonner leur joie sur tout l’horizon).
— Partout dans le monde ?
— Oui, partout dans le monde.
— Même au Burkina Faso ?
— Oui, même au Burkina Faso.

RAPPEL DE LA PROCÉDURE POUR AIDER UNE JEUNE MAISON D’ÉDITION À PROSPÉRER DANS LE MONDE ENTIER :
Les cybernautes relèvent la tête, écoutent attentivement, s’apprêtent à copier coller.

La page du livre se trouve ICI.
Le lien pour commander, c’est CELUI-CI.
Pour copier/coller et envoyer à tous les amis que vous avez sur la terre, le voici entièrement réécrit (non, non, Bernard, vous n’êtes pas obligé de l’apprendre par cœur) :
https://www.paypal.com/cgi-bin/webscr?cmd=_s-xclick&hosted_button_id=XLW2K9A8CTRD6

Alors, si ça ne marche pas, si y a un truc qui dérange, si vous n’osez pas cliquer parce que ça clignote ou que c’est en anglais, il y a aussi la conversation entre humains que nous pouvons engager en m’écrivant à :

OLIVER @RYCHOLIVER.ORG

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[AF] – La plaie de notre lien social est en voie d’être pansée

Raconter comment l’abondance fait irruption serait à nouveau rester dans un mode de focalisation que j’ai tenté toute ma vie de transformer un peu, non pas qu’il ne produisait plus rien, mais parce qu’il semblait que ces récits avaient déjà été à de nombreuses reprises relatés. Un effort a été réalisé pour imaginer de tout cela une sorte d’origine et un fil conducteur. Cela n’est pas fait pour perdre, mais pour justifier, et ce n’a de conséquences que sur une réalité propre. Il y a des sujets sur lesquels il n’y aura jamais aucun mensonge. C’est l’honnêteté de dire qui est en jeu. De cela découle l’honnêteté de faire. Au moment où se pose encore la question d’un plus bel environnement global, le choix se détermine au niveau de la conviction intime. C’est un tout opérant. Il n’y aura de trace de cela que la manière avec laquelle la globalité s’est pensée et comme, au fur et à mesure, elle s’est construite. Cela n’appartient à personne d’autre qu’à vous.

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Faire-part de naissance

Voilà un nouvel objectif atteint pour cette toute jeune maison d’édition virtuelle. C’est un tel bonheur que je ne résiste pas à vous en faire part. Tant pis pour le service des programmations qui avait tout bien planifié jusqu’au moindre détail, mais pour les futurs biographes, c’est important, de pouvoir dater, alors il leur sera utile de savoir qu’en ce jour étonnamment calme, des cartons sont arrivés avec, à l’intérieur, mon premier livre.

C’est comme une nouvelle naissance.

Bientôt, donc, l’ouverture d’une boutique virtuelle pour que tout cela s’envole all around the world.

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[AF] – C’est un spectacle rare

Un signal d’alarme quelque part dans un bureau. Et c’est reparti. Le document se met à jour sous nos yeux. Chef ! Chef ! Le contact vient de reprendre son activité. Très bien. Enregistrez tout. Oui, chef ! Mais restez un peu, tout de même, vous tombez bien, car ce qui est intéressant, ce n’est pas de lire après, c’est de voir naître le texte, voyez-vous, comme on serait devant la télé, inactifs, on nous balance des images, à une certaine heure, on croit avoir fait un choix, mais en fait, on ne fait qu’absorber comme on mangerait de la bouffe avariée sans s’en rendre compte. Et puis, tout à coup, la parole devient différente. On se dit, c’est comme un livre ouvert en train de s’écrire sous nos yeux. Quelqu’un est conscient de cela et nous le signifie. C’est lui qui nous observe. Il sait qu’en ce moment, vous vous penchez sur mon épaule pour faire semblant de vous intéresser à ce que je viens de dire, et au début, vous n’y croyez pas vraiment. Vous pensez que je fabule. Puis vous me demandez de vous céder ma place. Et vous ne faites plus que lire. Vous êtes comme capturés. Vous vous tournez vers moi et vous posez quelques questions. Vous voulez savoir depuis combien de temps tout cela est en mode de fonctionnement. S’il est possible que ce soit un robot qui écrive. Et je réponds. Chef. Un robot ne corrige pas. Il est convaincu, enfin… il est programmé pour soi-disant ne pas se tromper, mais voyez-vous, de temps en temps, il y a des hésitations, et l’écriture est irrégulière. Les fautes les plus classiques (comme les coquilles de frappe, par exemple), sont corrigées au fur et à mesure. Et puis, il y a comme des silences, des temps d’arrêt pendant lesquels on peut tout s’imaginer. Vous êtes déjà un peu plus curieux. Vous me demandez si j’ai fait quelques hypothèses concernant ces fameuses pauses. Et je vous dis que là, il faut juste transposer. S’imaginer comme à la place de celui qui produit. S’il est chez lui, un coup de téléphone, une faim soudaine, un besoin de consulter une définition, la fatigue qui tiraille. Et quand c’est plusieurs jours. Un voyage, des préoccupations liées à son travail, la mort d’un proche. Plusieurs mois. Je ne sais pas. J’ai été posté là pour ne rien rater. Il n’y a jamais d’explication. J’ai même l’impression que parfois, il revient juste pour me parler. Il. Oui, il. De cela, je suis maintenant convaincu. C’est un homme. Ou quelqu’un qui écrit en se faisant passer pour un homme. Ils pourraient être plusieurs. En effet. Ils pourraient se relayer. Créer ensemble un espace fictionnel. La seule certitude, là, tout de suite, c’est que ce n’est pas vous. Pas vous, directement. Vous êtes là et vous lisez, comme moi. Comme moi, vous découvrez. J’ai fait cette même analyse plusieurs fois avec des personnes qui étaient présentes à ce moment-là. Ce n’est pas rare, donc j’ai déjà une sorte de liste assez conséquente. Ah ! Vous voyez, là ! Il vient de corriger. Un robot ne ferait pas ça. Mais… mais… de toutes ces observations… vous devez avoir quelques indices sur son identité. Pas vraiment. Au fur et à mesure, cela me révèle plus sur ce que je suis, moi. Sur ce que je fais, aussi. Sur le fait que je sois la personne qui consulte. C’est une place très particulière. Je commence à sentir quand des phases de forte activité se mettent en mouvement, mais je ne sais jamais pourquoi ça s’arrête d’un seul coup. Plus rien. Alors, ça me manque. Je m’inquiète aussi. J’ai l’impression que ça ne reviendra jamais. Donc, si je comprends bien tout ce que vous me dites, si je reste avec vous, il devrait finir par nous parler à nous. Oui. Essayons.

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[AF] – Une fête s’organise quelque part

Le transgressif est une petite ligne de démarcation que l’on s’offre, où quelques mots échangés suffisent, imaginant qu’un lien se forme à ce moment-là, préféré à ce qui relèverait du calcul, d’une soumission que l’on imposerait à un être qu’avant tout nous aimons. La pensée est différente, sans calcul, car il s’agit de se laisser conduire, d’abord dans un cadre prédéfini, puis il y a toujours cet après, où la sensibilité n’a plus rien de prévu, à part, peut-être, une vague idée de ce que pourrait être une fin. De toute façon, il y en aura une, aujourd’hui, comme les autres fois, dictée parfois par des éléments simples de la vie quotidienne. Il suffirait d’un rendez-vous, de n’avoir plus le temps, ou que les chemins se séparent, de fait, parce que la destination est atteinte. Cependant, il s’est créé un évènement particulier, unique. Nous serions si peu à pouvoir l’évoquer qu’il faudrait à nouveau se réunir, et provoquer le souvenir de ces quelques minutes. Après tout, ce n’était pas grand chose sur l’échelle de toutes les vies, et pourtant, une loi s’est établie, dans l’oralité. C’est elle qui mobilise une pulsion particulière, d’avoir envie de la faire durer, comme un bilan de journée, mais nous sommes si peu attachés à la véridiction qu’il ne sera pas utile de chercher dans l’entourage ce qui pourrait avoir mené à de telles conclusions. Un souvenir très ancien pourrait l’avoir déclenché. Un désir, aussi. Ce qui compte, c’est qu’il continue d’exister sous cette forme, qu’en soi, nous n’ayons pas envie de nous en dessaisir. C’était si beau. C’est là la sève d’un roman tout entier. Tout ce qui se construit en amont. Tout ce que cela aura comme conséquences des jours durant. Pour une seule phrase à laquelle aura répondu un regard.

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Nouvelles rochoises

En exclusivité pour le public du WEB seront publiées au fur et à mesure où elles seront finalisées, avant de se retrouver, un jour, réunies en un seul et même livre, les Nouvelles rochoises.

La première s’intitule Chiquito. Elle est publiée en trois épisodes. Comme pour tous les textes que vous trouverez ici, il vous suffit de cliquer sur « suivant » pour avoir la suite.

Vous trouverez également, sur la page d’accueil des nouvelles, un format ePub si vous souhaitez télécharger le texte sur votre liseuse, votre tablette ou votre téléphone portable.

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Bonne lecture !

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[#GRP] – Ma foi est mon poème

Le 18 août 2012

Ma chère amie,

Le roman épistolaire pourrait révéler le lien que nous établissons avec nos figures d’autorité. Il serait un peu simple de n’y voir qu’un diptyque constitué d’une mère et d’un père, car ces figures sont bien plus complexes, et bien souvent, elles ne s’appliquent qu’à nous-mêmes, c’est-à-dire, que nous sommes les seules à les concevoir en tant que tel. Je ne sais pas. Je ne devrais peut-être pas m’entêter sur ce seul roman à voix d’homme, mais je t’avoue qu’il me perturbe beaucoup, à cause de ce qui, pour le moment, le rend unique à mes yeux, alors je profite d’être encore dans cette phase de découverte pour y puiser ce qui, peut-être, me servira plus tard, soit à mieux en parler, soit à définitivement l’écarter. Vois comme j’envisage également de presque clore le sujet. Dans les méandres de moi-même. Un acte de séparation, en cours d’achèvement. Une intrigue qu’on ne se serait jamais autorisé à penser avant de la voir signifiée sous cette forme, car l’adresse est toujours là, poétique. On l’imagine fictive parce qu’elle va se déployer dans un roman, mais elle n’y reste pas, elle en sort en permanence, toujours active, et c’est ainsi qu’elle me paraît, voulant toujours se faire agissante alors que l’auteure n’est plus de ce monde entourant, du moins, tel que nous le concevons avec nos repères matérialistes. J’ai bien des choses à te dire. Alors, je les écoute, car à ce moment précieux, je suis le seul destinataire, je suis le seul à percevoir ou plutôt, je me suis isolé pour mieux en recevoir les effets, comme ce trouble permanent, cette inquiétude, ces figures qui se mêlent pour avouer, pour juger. L’amour et la violence en même temps. Aujourd’hui, le constat de tout ce que cela a produit. Parce qu’il était impossible, au moment où nous nous laissions porter par la pulsation de la vie, seul moyen, déjà, de nous extraire d’un milieu qui peut-être nous aurait empêchés de développer notre individualité. Alors, nous avions conçu une manière d’être, comme un espoir de se voir renaître à nouveau, pour recommencer, pour tout tenter avec de nouvelles données, avec, toujours, notre besoin de ne pas tout abandonner, sans trop avoir conscience de ce que nous allions conserver, y compris donc, la violence que nous avions subie, et que nous allions reproduire, d’abord sous une autre forme, croyions-nous, puis, s’illustrant parfaitement telle que nous pensions l’avoir évitée. Ce n’est pas vraiment un remords. C’est juste ce temps-là qui se présente maintenant. Nous avions besoin d’un premier acte et le voici accompli. À présent, nous nous analysons dans un tout autre domaine, nous nous voyons, au plus proche de ce que nous aimons, laisser s’exprimer en nous ce que nous avions rejeté, et nous voilà nous adressant à la mauvaise personne, peut-être, désignant à notre insu le récepteur d’une agressivité, à cause de cette nécessité d’accuser et d’avoir en vis à vis un coupable autre que nous-mêmes.

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